Turkey Comix #18
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Turkey Comix #18 
Présentation par l'éditeur :
Edito :
De retour pour notre rendez-vous, désormais annuel, nous sommes fiers de vous présenter ce nouveau Turkey Comix, en droite ligne des précédents numéros. Un an d’attente, ça peut paraître long, mais c’est en réalité juste suffisant pour un tel résultat. D’autant que nous avons bossé sur d’autres publications et que les festivals se sont enchaînés. Nous avions songé à une périodicité plus fréquente mais pour le moment un rythme, même semestriel, n’est pas envisageable. Turkey Comix doit rester une revue d’exploration, ce qui nécessite du temps. Revue, car il s’agit à chaque fois d’y présenter le meilleur de nos choix, de chercher sinon le caractère inédit du moins le caractère innovant de ce que peut y apporter un auteur. D’exploration, car Mandy Ord et Tim Danko viennent de l’hémisphère sud, tout comme Gregory Mackay, et démontrent que la bande dessinée y est bien vivace. Nous tenons à ces termes et à cette formule, Turkey Comix reste en évolution constante.
Si l’on constate une certaine vitalité des revues de bande dessinée, on observe également que toutes connaissent des difficultés pour accéder à une plus grande visibilité. On ne soulignera jamais assez l’importance de la revue. Elle laisse un espace essentiel d’expérimentation pour les auteurs. Elle peut accueillir des récits sous toutes les formes : strip, feuilleton, illustration. Et faire cohabiter des habitués et des nouveaux venus qui la régénèrent. En prenant le temps nécessaire à la bonne conception de nos projets, nous gardons notre objectif initial : ne pas gonfler notre catalogue comme une baudruche. La cohabitation de Turkey Comix et DMPP n’est pas fortuite, elle est pour nous vitale : les livres que nous publions sont la continuité du travail mené dans les deux périodiques. Bien que les projets ne manquent pas, nous n’infléchirons pas notre ligne éditoriale fixée lors de la parution de nos premiers livres : parcimonie et qualité. Le début d’année 2010 devrait voir la parution d’un recueil d’histoires courtes de Gregory Mackay avec des aventures inédites de Francis Bear accompagné d’un magnifique récit de Nicolas Presl, Le Fils de l’ours-père.
Alors ? La Dinde croquée par deux gros nounours ? Nous espérons ne pas y laisser trop de plumes parce que la suite prévue pour le second semestre est tout aussi alléchante. Jugez vous-même… La première bande dessinée de Baladi pour The Hoochie Coochie s’intitulera Renegados, on n’en dit pas plus sinon que ce sera un essai sur la piraterie. Dans le même temps, N’en parlez jamais de Gautier Ducatez abordera les séquelles laissées par la guerre d’Algérie de part et d’autre de la Méditerranée. Et surtout un projet issu de Turkey Comix sera développé dont on ne vous dévoilera rien de plus ici, ça suffit les exclusivités !
Si la revue et les personnes qui l’entretiennent ont considérablement évolué depuis huit ans, elles ont su garder un mode de fonctionnement artisanal et des ambitions à taille humaine. Et même si nous ne sommes pas en dehors du processus d’industrialisation de l’édition (ne serait-ce que par la commercialisation de nos ouvrages) nous ne continuons pas à faire des livres pour utiliser du papier et remplir des comptes en banque. Ce que nous aimons, au-delà de la bande dessinée, c’est la manière dont nous avons choisie de travailler, de produire des ouvrages qui ont du sens.
Pour en revenir à ce numéro 18, inscrit dans la continuité des précédents au vu des auteurs qu’il accueille et de la diversité des formes narratives expérimentées, nous avons tenu à le présenter sous une couverture sérigraphiée. Sérigraphie à laquelle nous revenons après avoir réalisé une envie de longue date : disposer d’un atelier complet, permettant d’opter tantôt pour la gravure, tantôt pour la sérigraphie. Et cela nous permet de mettre en évidence l’importance d’une participation discrète mais significative par son caractère et sa longévité dans la revue, celle de Guillaume Soulatges. Enfin, pour contrer l’érosion des espaces critiques de bande dessinée, nous développons à travers ce numéro la dimension analytique liée au medium. Il n’y avait pas encore eu dans Turkey Comix autant de pages consacrées à des réflexions sur la bande dessinée. Ce n’est qu’un début, nous l’espérons.
En un mot, c’est un travail collectif de longue haleine, qui a permis d’en arriver à ce que vous tenez entre les mains. Et croyez-moi il s’agit d’une expérience plus qu’enrichissante !
Romain Mollica
Dans la collection Turkey Comix :
